
En 2019, Lincoln Echo (Ewan McGregor) et sa camarade Jordan Delta (Scarlett Johansson) font partie des centaines de pensionnaires d'un gigantesque complexe fermé, un espace confiné, aseptisé, mais dit utopique. À en croire les dirigeants du complexe, le Docteur Merrick et ses agents, une terrible contamination a ravagé la Terre quelques années auparavant... Heureusement, des survivants sont régulièrement retrouvés pour être ramenés dans le complexe, dont le but est de préserver les résidents de la contamination. La vie y est encadrée, régie par des codes très stricts, et est étroitement surveillée. Aussi, pour illuminer l’existence morne de cet univers stérile et totalitaire, chaque personne espère en « la Loterie », un générateur numérique aléatoire qui appelle régulièrement quelques noms. Les heureux gagnants reçoivent le privilège de quitter le complexe pour un transfert sur « l'Île », censée être le dernier territoire à avoir échappé à la contamination, et ce afin d'y être les Adam et Ève d'une nouvelle humanité...
Lincoln 6-Echo, comme tous ses congénères, a longtemps cru à ce paradis. Mais depuis quelque temps, des cauchemars récurrents dérangent son sommeil, et le jeune homme commence à remettre en question le sens de sa vie et les restrictions faites à sa liberté. Lié d'amitié avec McCord, un des techniciens qui travaillent dans la salle des machines du complexe, il découvre un jour dans ce secteur un insecte venu de l'extérieur... Comment a-t-il pu échapper à la contamination ? Poussé par la curiosité, il découvre bientôt que les choix de « La Loterie » ne seraient pas du hasard... que « L'Île » ne serait qu'une illusion pour cacher autre chose... que la contamination serait un mensonge... Tout cela dissimulant une terrifiante vérité... Et lui et Jordan 2-Delta, à laquelle il est très attachée et dernière appelée de « la Loterie », se résolvent à fuir, à leurs risques et périls...
Le film pose l'interrogation de ce que l'homme peut s'attribuer ou non le droit de faire sur ses créations vivantes. Dans la mesure où l'entreprise de clonage est obligée de mentir à la fois à ses clones pour s'assurer de leur docilité et à ses clients pour ne pas les dissuader, le thème du film est de type dickien en lui-même. Il s'y ajoute une série de retournements qui maintiennent l'intrigue et le thème de la paranoïa : nul ne peut faire confiance à qui que ce soit.
The Island nous met en garde contre les dérives possibles de la médecine lorsque son contrôle par la politique est insuffisant. Les analogies avec le totalitarisme sont récurrentes, particulièrement lors des scènes d'élimination des êtres "défaillants", par les moyens employés. Enfin, dans un dialogue particulièrement intéressant sur les intentions de ce film, le personnage d'Albert Laurent (Djimon Hounsou) pousse le Dr Merrick (Sean Bean), directeur de la clinique, à reconnaître qu'au fond, son objectif est de remplacer Dieu.
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